The artists
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CountryArt movement
Christine Sefolosha70
Henriette Sephir101
Jean-Claude Silbermann22
Sir L103
Ugo Sterpini86
Max Walter Svanberg76
Jan Svankmajer58
Claude Tarnaud118
Virginia Tentindo102
Jean Terrossian88
Ivan Tovar66
Ursula25
Germain Van der Steen114
Jean-Pierre Vielfaure82
Jorge Vigil33
Scottie Wilson23
Yoshiko24
Carlo Zinelli95
Christine Sefolosha
Switzerland
1955
Outsider Art
Henriette Sephir
France
Art brut
Née à Montmaurin, près de Toulouse, en France, Henriette Zéphir est élevée jusqu’à l’âge de onze ans par ses grands-parents. Elle obtient son certificat d’études. Elle aurait ensuite souhaité étudier le dessin dans une école d’art mais ses parents s’y opposent. Elle se marie à un Martiniquais avec qui elle a deux enfants. Après le mariage, le couple prévoit de s’installer en Martinique, mais au cours du voyage, le bateau sur lequel ils ont embarqué reste bloqué au Maroc, à Casablanca. Henriette Zéphir y demeure seule pendant deux ans et demi alors que son mari est mobilisé. Rapatriée en France vers 1945, elle s’installe aux Antilles avec son mari en 1947, avant de divorcer et de s’établir avec ses deux enfants à Nice, puis à Castres.

Peintre médiumnique, elle dit « travailler dans l’occulte », avec l’aide de son guide dénommé Don Carlos. Celui-ci se manifeste à elle cinq ans après son retour en France, en 1961. Henriette Zéphir prétend qu’il aurait été son compagnon dans une vie antérieure. Sous son influence, elle réalise d’un trait ininterrompu plusieurs dizaines de dessins à la mine de plomb et au stylo à bille, dont les formes sinueuses évoquent des guipures.
Jean-Claude Silbermann
France
né en 1935
Surrealism
Sir L
Other
1932-2019
Ugo Sterpini
Italia
1927-2000
Surrealism
Max Walter Svanberg
Sweden
1912_1994
Surrealism
Max Walter Svanberg commença des études techniques d'arts appliqués en 1929 puis rejoint une école d'art en 1931. Il exposa ses premières œuvres en 1935. Il démarre le mouvement Minotaure en 1942 avec Hulten et Osterlin. Il a cofondé le mouvement artistique Imaginisterna en 1948. Il a également fondé le groupe suédois Imaginist, mais le quitta peu après. En 1949, suite à des rencontres avec Asger Jorn le mouvement Imaginisterna est devenu la branche suédoise du mouvement artistique CoBrA. En 1950 il publia un album de lithographies. Il commença à intégrer le mouvement surréaliste de Paris en 1955 et fut exposé à la Galerie de l'Étoile Scellée la même année. En 1958 il illustra à l'encre de Chine une édition des "Illuminations" de Rimbaud.
Jan Svankmajer
Czech Republic
1934
Surrealism
Jan Švankmajer, né le 4 septembre 1934 à Prague, est un réalisateur surréaliste tchèque connu notamment pour ses films d'animation. Son dernier film, Survivre à sa vie (théorie et pratique) (P?ežít sv?j život [teorie a praxe]), en prises de vue réelles, est sorti dans les salles en 2010. Son travail a notamment influencé les frères Quay, Tim Burton et Terry Gilliam.
Claude Tarnaud
France
1922-1991
Surrealism
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Claude Tarnaud découvre le surréalisme et le jazz, et se dégage de l'emprise d'une mère qu'il juge étouffante. Puis en 1946 il fonde avec Yves Bonnefoy et Jaroslav Serpan la revue La Révolution La Nuit, mais il prend aussitôt ses distances avec le groupe. La même année, il s'installe dans une chambre d'hôtel près du métro Saint-Paul à Paris, avec Claudine Merlin, dite Eaudine. Une fille, prénommée Sylvie, naît le 19 juillet de la même année, alors que le couple déménage pour Ascona, à la frontière italo-suisse. C'est alors que Tarnaud commence à rédiger Le Journal du scorpion, manuscrit perdu3, dans lequel il se situe son existence sous les figures allégoriques et antagonistes du scorpion, symbole de libération, et de la chauve-souris, symbole du vampirisme de la mère. Cédric Demangeot écrit que « cette aptitude qu'il se découvre, à “assumer quotidiennement un mythe”, en traquant en l'occurrence les manifestations du scorpion jusque dans les événements les plus infimes du quotidien, est déjà l'ébauche de ce “mythique-vécu” que tous ses écrits à venir mettront en œuvre et interrogeront. »4 Après un bref retour au domicile familial de Maisons-Laffitte, Tarnaud rompt définitivement avec ses parents et s'installe de nouveau avec Eaudine à Paris.

Il y rencontre alors les figures majeures qui exerceront sur lui une fascination durable : André Breton, Victor Brauner. Il se lie également d'amitié avec Stanislas Rodanski, Alain Jouffroy, Sarane Alexandrian, le peintre Jacques Hérold. Selon les mots de Sarane Alexandrian, ils forment « un quatuor insolite qui scandalisera la vieille garde surréaliste »5, revenant au dandysme nihiliste des précurseurs du surréalisme, Jacques Vaché, Arthur Cravan, Jacques Rigaut. C'est l'époque de ce qu'il nomme la Nef des fous, et tout le monde vit plus ou moins sous le même toit, Impasse de l'Enfant-Jésus à Paris. Il participe activement à l'Exposition internationale du surréalisme de 1947, et l'année suivante à la revue Néon (5 numéros de janvier 1948 à avril 1949), dont il est un des membres fondateurs avec Stanislas Rodanski, Sarane Alexandrian, Jind?ich Heisler et Véra Hérold. Cette revue, à laquelle participent aussi Victor Brauner, André Breton, Charles Duits, Julien Gracq, Benjamin Péret, se propose d'apporter une nouvelle lumière sur le Monde et d'aller du Néant à l'Être, et porte en exergue la formule « N'être rien, Être tout, Ouvrir l'être ». En novembre 1948, en désaccord avec l'exclusion du peintre Roberto Matta, il rompt avec le groupe surréaliste, à l'instar de ses amis Brauner, Rodanski, Alexandrian, Jouffroy. En même temps, assez vite c'est pour Tarnaud « le début d'un isolement qu'il entretiendra, non sans douleur mais sciemment, jusqu'à la fin de sa vie », commençant à se défier de « l'importance » de la littérature comme carrière, pour se réclamer d'un « sourire bouche close », du « seul silence qui sera son suicide. »6 C'est aussi l'époque où il fait deux lectures capitales et bouleversantes pour lui : Ulysse de James Joyce et Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry.

En 1951, il épouse Henriette de Champrel, Gibbsy, rencontrée deux ans plus tôt (après sa séparation d'avec Eaudine) et avec qui il vivra jusqu'à sa mort. Elle illustrera de ses peintures plusieurs textes et poèmes, le plus souvent manuscrits à quelques exemplaires, de Tarnaud. Ensemble, ils partent à Genève où il travaille en tant que traducteur pour l'ONU. En 1952 ils ont une fille prénommée Pierrille. Il publie alors à compte d'auteur son premier livre, The Whiteclad Gambler - Le Joueur blancvêtu ou Les Écrits et les Gestes de H. de Salignac (à l'imprimerie de la Sirène à Genève), sorte de poème épique inclassable, illustré par Henriette, qu'il poursuivra dans ses trois autres proses : La Forme réfléchie (1945), L’Aventure de la Marie-Jeanne ou Le Journal indien (1965) et De (1974).

Il est ensuite associé avec François Di Dio, rencontré en 1952 par l'intermédiaire de Ghérasim Luca, à la direction de la revue Positions publiée aux éditions Le Soleil noir, maison à laquelle il donnera trois ouvrages. Se tenant à l'écart du monde littéraire et de ses simulacres, il estime qu'il importe avant tout d'inventer sa propre vie, en conjurant « l'abîme que l'on a délibérément creusé entre le “vécu” et l'imaginaire »7, avec la liberté d'une existence et d'une écriture liées dans la même aventure mentale, « mythique-vécue », selon sa propre expression. De cette expérience intérieure d'une autre vérité, Patrice Beray écrit qu'elle déploie « une pensée renouvelée de la portée épique du poème. [...] une vision du monde éprouvé comme une réalité indépassable. [...] poème en effet que ce qui doit être inventé et n'est nulle part écrit, ne ressortit plus à aucune forme léguée du poème, pas plus que ne sont tracés les chemins de vie propres. »8

De 1953 à 1966, il participe aux activités du mouvement Phases et collabore à la revue du même nom, dirigée par Édouard Jaguer.

Tarnaud fut un infatigable voyageur, quittant la Suisse dans le cadre de ses missions diplomatiques pour Mogadiscio, Addis-Abeba, New Delhi ou New York, puis, après avoir démissionné de son poste aux Nations Unies, finit par s'établir en 1969 en Provence, au lieu-dit de Salignan, près d'Apt, devenant alors le voisin de Julio Cortázar, installé à quelques kilomètres de là, au village de Saignon. De son séjour à Mogadiscio, en Somalie, entre 1953 et 1959, Cédric Demangeot écrit : « C'est posté sur ce rivage que Tarnaud, sémaphore de l'invisible, va recommencer à apercevoir, à recevoir de toutes parts et à renvoyer, comme un miroir réfléchit, toute une série de signes, de messages silencieux, chargés du sens le plus troublant, le plus stupéfiant - le sens noir du mystère -, et qu'il se garde bien de décoder ou d'interpréter mais qu'il recueille scrupuleusement, avec toute l'attention et toute la tension dont il est capable. » Cependant, Demangeot ajoute que l'« aventure » errante de Tarnaud ressemblera « de plus en plus à un exil indéfini, vers toujours plus d'esseulement. » 9 C'est également à Mogadiscio que naît en 1954 son fils Gérard, ou Gerry (mort en 1970).

En 1959 Claude et Gibbsy Tarnaud quittent la Somalie pour New York, où ils vivront jusqu'en 1962, et où il se lie d'amitié avec Eugenio Granell et Wifredo Lam. Tarnaud entretient une relation ambiguë et conflictuelle, entre fascination et dégoût, avec cette « métropole merveilleuse et insane », « Cour des Miracles » où dominent « libéralisme et famine spirituelle », ainsi qu'il l'écrit dans une lettre à Alain Jouffroy : « Cette ville, ce pays sont affreusement débilitants, à la longue, et la révolte sourde et braisée dont on devient vite le récipient ne peut, chez moi, se manifester autrement que par le geste, paralysant tout désir d'écrire. »10 Néanmoins, passionné de jazz, Tarnaud a la chance d'entendre en concert le pianiste Thelonious Monk, le « désaccordeur voyant » qu'il vénère particulièrement et qui lui permet d'« éprouver les vertus éminemment musicales de la marijuana »11 (présente, de manière symbolique et lyrique, dans la plupart de ses textes). En 1966, il rencontre Pénélope et Franklin Rosemont qui fondent à Chicago, grâce à lui, le premier groupe surréaliste des États-Unis d'Amérique.

Il resta très proche de Stanislas Rodanski12 avec lequel il a de nombreux points communs : un certain dandysme, une fascination pour Jacques Vaché et le goût de la « distance »13. L'aimant comme un frère, Tarnaud est profondément et durablement affecté par l'internement volontaire et définitif de Rodanski en 1953. Il fut aussi très lié au poète Ghérasim Luca, même si leur amitié fut en crise perpétuelle14, et à Marcel Duchamp avec qui il organise en 1961 la grande exposition surréaliste de New York, Surrealist Intrusion in the Enchanters' Domain (Galerie D'Arcy).

Au cours des années 1960-70, il entretient une belle amitié avec Julio Cortázar, rencontré en 1964, lequel le mentionne dans sa présentation de l'ouvrage Le Bestiaire d'Aloys Zötl (1831-1887) 15, mais également avec le poète Jean Thiercelin, le surréaliste tchèque Petr Král, le poète et peintre Jacques Lacomblez, qui publia dès 1959 certains de ses textes dans sa revue Edda et dont l'amitié ne se démentit jamais jusqu'à sa mort. À propos de ses amitiés et de ses exigences de vivre, Cédric Demangeot note que Tarnaud rêvait toujours d'« être ivre comme on est ami, ou d'être ami comme on est ivre »11.

Dans les dernières années de sa vie, hanté par la question du silence, Tarnaud n'écrit quasiment plus, mû par un désir de « tout lâcher » et devenant de plus en plus solitaire, estimant inévitable la compromission du poète, fût-il le plus pur. C'est ainsi qu'il écrit au début de son quatrième et dernier livre de prose intitulé De (dernière syllabe du Bout du monde - texte qu'il commence en 1967, mais laissera inachevé), une sorte de journal d'errance dans l'espace et le temps, à la fois révolté et nihiliste : « je me demande si chaque œuvre, chaque geste que nous commettons publiquement en qualité (notamment, que noue le voulions ou non) d'artistes, n'est pas à plus ou moins longue échéance inévitablement réductible à l'idée de culture qui sous-tend non seulement un système social, économique et conceptuel puant, mais aussi et surtout une construction de l'homme qui apparaît sans issue. »16

Pour ultime prise de parole, Tarnaud signe une réponse laconique, de quelques lignes, à une « Enquête sur le silence » de la revue Actuels (numéro 23 consacré à Stanislas Rodanski). Il meurt à Avignon en 1991. Gibbsy Tarnaud meurt à Apt, le 20 février 2014.

Une galerie parisienne lui a consacré une rétrospective en 2009 : on a pu alors découvrir l'univers longtemps occulté d'un inventeur de formes17.
Virginia Tentindo
Argentina
Surrealism
J’ai fait la connaissance de Virginia Tentindo en 1997, en rejoignant le comité de rédaction de la revue Supérieur Inconnu, dont elle était membre. Je me souviens, lors de ma première visite dans son atelier, en compagnie de Sarane Alexandrian, avoir été saisi par la beauté convulsive de cet art, en prise directe sur Merveilleux. Virginia nous a toujours accueillis avec une générosité rare et une hospitalité toute argentine, telle une « prêtresse de la Terre-de-Feu » au sein de son sanctuaire onirique, constitué de terres cuites, de bronzes, de marbres, de sa faune et de sa flore, le tout, sorti d’un imaginaire des plus fertiles. Cet atelier, l’écrivain surréaliste José Pierre l’évoqua en 1986, comme « la fabrique des dieux ». Les sculptures de Virginia Tentindo, à la fois sensuelles et terribles, associent des têtes de félidés avec des corps d’hommes et de femmes, aux jambes qui se fondent en une seule, longue et flexible comme un serpent. Ces humanimaux, tels que les appelle Sarane Alexandrian, ont l’air de plantes carnivores. Il ne s’agit pas d’hybrides tels qu’en fabriquent des artistes enclins à des effets insolites faciles, car l’originalité de Virginia est justement de ne pas faire d’assemblages arbitraires. Julio Cortázar a ainsi pu écrire (in Voyage vers un temps pluriel) que chez Virginia Tentindo, « tout est ou peut être mandragore, Gorgone, hermaphrodite, rite phallique, hiérogamie et pourquoi pas épiphanie ». Car rien n’est donné sur un seul plan et la multiplicité des essences est, pour plusieurs de ses sculptures, comme une invite à s’approcher et à toucher ; alors on découvre que ces pièces ne commençaient ni ne finissaient à leur contour visuel mais que le toucher est là pour ouvrir une seconde porte basse. L’art de Tentindo n’est jamais apparence mais toujours intériorité. On dirait, écrit encore Cortázar, « que la nature s’interroge alors sur sa persistante monotonie et cherche à travers l’art quelque chose de plus que l’imitation que lui impartit Oscar Wilde, une rénovation capable de nous arracher à la routine génétique. Là, tout est substitution, parachèvement et ouverture vers de nouvelles constellations de formes. »

Virgina Tentindo est née à Buenos Aires en 1931. Ses grands-parents sont des émigrés italiens qui s’étaient installés, comme tant d’autres en Argentine, non pas par goût de l’exotisme, mais pour des raisons multiples, dont l’exode d’une partie de la population du royaume des Deux-Siciles, Adolescente, elle fréquente les quartiers populaires de Buenos-Aires. Depuis son enfance, elle accompagne sa mère et son père dans les bals de nuit. La musique et la danse (surtout) joueront un rôle important dans sa vie comme dans son travail, qu’elle définira comme « une pratique du corps dans l’espace ».

Le père de Virginia est violoniste dans un orchestre de tango. Virginia Tentindo accomplit sa formation aux écoles Manuel Belgrano, Prylidiano Pueyrredon et Ernesto de la Cracova, avant de réussir le concours d’entrée et de suivre avec succès les cours de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts. A sa sortie des Beaux-Arts, Virginia Tentindo loue dans le centre de Buenos Aires, avec une amie de dix ans son aînée, un entresol qui a l’avantage de posséder un four et deux vitrines donnant sur la rue, pour exposer ses sculptures. C’est ainsi qu’à l’âge de dix-huit ans, soit deux ans après avoir exposé en 1947 ses œuvres pour la première fois dans la Galerie Peuser, elle put ouvrir sa propre galerie, baptisée du doux nom de Vahiné. Pour rentabiliser l’affaire, outre l’exposition de ses œuvres et de celles de ces collègues de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts, la jeune artiste donne des cours de modelage. Virginia ressent le besoin de s’assumer dans l’exil, que le tango chante et danse. Avant de quitter son pays, elle présente ses sculptures et ses gouaches dans la Galerie Krayd en 1952 dans une exposition argentine intitulée « Huit Jeunes Artistes Surréalistes ».

En 1953, elle quitte Buenos Aires avec ses amis Osky (le plus grand dessinateur de B.D. des années 50) et sa femme Ruth Varansky. Virginia Tentindo rejoint Naples en passant par Gênes, où se trouve une partie de sa famille. Durant son séjour à Naples, elle approfondie ses connaissances de la céramique et apprend la technique des émaux à Vietri sul Mare. Néanmoins, son désir est de venir s’installer en France. En septembre 1953, Virginia Tentindo arrive à Paris. L’émigrée argentine y est mal accueillie. Le combat commence et tout d’abord pour subsister : elle modèle des objets en terre cuite et travaille au noir dans des conditions difficiles, avant de regagner le soir une chambre sans électricité ni confort. Ce combat, elle le mènera seule durant dix ans. Puis, en marge de divers travaux, comme celui de décorer des boîtes à bonbons pour la maison Fouquet, Virginia Tentindo devient la secrétaire (assistante documentaliste) du poète surréaliste Philippe Soupault, pour qui il fait notamment des recherches dans les bibliothèques. Virginia Tentindo retrouve à Paris son amour de jeunesse : le peintre surréaliste gréco-argentin Juan Andralis (1927-1994). Deux ans plus tard, en 1955, elle retrouve également le peintre et sculpteur argentin Julio Silva, qu’elle épousera en 1959 et avec lequel elle aura deux enfants : Olivier et Stella.

En 1960, Virginia élargit le spectre de son art, en devenant créatrice de personnages en petit format (30 cm), grâce au cinéaste Abel Gance, qui pour son film Austerlitz, lui commande cinquante sculptures de figurines, d’après Le Sacre de Napoléon (1805-1807) du peintre Jacques-Louis David. Neuf plus tard, en 1969, elle réalisera les poupées du remarquable film de Nelly Kaplan, La Fiancée du pirate. Le couple Silva-Tentindo installe un atelier dans la maison familiale et travaille de concert à des œuvres graphiques, des travaux publicitaires et des illustrations diverses. Mais bientôt, après plusieurs périodes de turbulences, le couple se sépare définitivement. Virginia reprend son indépendance et doit assumer seule sa subsistance et celle de ses deux enfants. C’est ainsi qu’elle entame une carrière de graphiste et de maquettiste pour différents éditeurs dont le magazine Science & Vie.

En 1974, Virginia Tentindo s’installe à Pietrasanta, en Toscane, où elle apprend à travailler le marbre, à Torano près des célèbres carrières de Carrare. Dans les fonderies de Pietrasanta, puis de Bologne, elle commence à réaliser ses bronzes. En 1979, Virginia Tentindo installe son atelier au célèbre Bateau-Lavoir, à Montmartre dans le 18e arrondissement de Paris. Ce dans ce lieu que va travailler Virginia, tout comme l’un de ses amis, le peintre surréaliste hongrois Endre Rozsda. Dès lors, son œuvre, saluée et admirée par des personnalités aussi exigeantes que Nelly Kaplan, Julio Cortázar, Dolfi Trost, Théodore Brauner, José Pierre, Pierre Alechinsky ou Sarane Alexandrian, sera présentée dans de nombreuses expositions internationales, collectives et personnelles (130 expositions à 2013).

En 2011, l’Université de Florence et l’Accademia delle arti del disegno, avec le concours de l’Institut Français de Florence et du Centre de recherche sur le surréalisme, lui ont consacré un colloque, sous le titre de : « Les Chimères surréalistes de Virginia Tentindo », en même temps qu’une rétrospective, « Virginia Tentindo, Sculptures, Dessins », à l’Accademia delle arti del disegno. A cette occasion, fut projeté le film de Fabrice Maze et Jean-François Rabain Minimes Innocences consacré à Virginia Tentindo, soit à l’inventrice d’un monde dominé par le mythe, la poésie et l’érotisme ; un monde onirique qui ne cesse d’explorer davantage, toujours davantage, tant la matière que les arcanes de l’être, tout en prolongeant le surréalisme, dont elle est en sculpture l’une des représentantes, comme l’a écrit Françoise Py et avant elle, José Pierre (in L’univers surréaliste, Somogy, 1983).

El fuego ! C’est cela Virginia Tentindo, le tango du Feu de la vie et de la passion ; le Feu du désir et de la poésie ; le Feu de la métamorphose et celui de l’alchimiste qui, de son Athanor, ressort de l’or émotionnel en terre-cuite : un Chat d’octobre ou une Lionne des jours Terre-Lune. Virginia aux mains de flamme sculpte le feu sous la cendre.

Christophe DAUPHIN

Jean Terrossian
France
1931
Surrealism
Ivan Tovar
Dominican Republic
1942
Surrealism
Iván Tovar, né en 1942 à San Francisco de Macorís en République dominicaine, est un artiste peintre et graveur que l'on rattache au néo-surréalisme.

De 1963 à 1983, il vit et travaille à Paris. Il commence à exposer à la Biennale de Paris (1963, 1er artiste dominicain exposé), puis à Luxembourg, Stockholm, Lisbonne et New York.

Ses compositions les plus connues expriment sur de larges surfaces très colorées des figures chimériques, à la fois anthropomorphiques et animales, presque biomécaniques, qui rappellent parfois l'univers d'un Yves Tanguy ou d'un Richard Lindner.
Ursula
Germany
1921-1999
Art brut, Outsider Art
Germain Van der Steen
France
1897-1985
Outsider Art
Germain Van der Steen, né Germain Vandersteen Mauduit Larive le 7 juillet 1897 à Versailles et mort le 12 avril 1985 à Garches1, est un peintre français.
Biographie

Germain Van der Steen part faire ses études en Angleterre et sera diplômé d'Oxford.

Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il sera gazé.

Après l'armistice, il devient marchand de couleurs dans le quartier de l'Étoile à Paris. Passionné de peinture, il peint pendant la nuit. Il est autodidacte et son art se rattache à la peinture naïve. On distingue trois périodes dans son parcours artistique : la période non figurative, puis vient celle des végétaux imaginaires, multicolores avec draperies et enfin la période des bestiaires, où il représente principalement des chats et des oiseaux. Ses couleurs sont très vives.

Germain Van der Steen expose au Salon d'automne de 1944.
Jean-Pierre Vielfaure
France
1930-2015
Surrealism

Son père libraire, papetier et imprimeur, et sa mère musicienne lui transmettront le gout pour l'impression, le livre, la lecture, l’écriture et le dessin.
La famille quitte l'Algérie en 1938 pour Rodez où Jean-Pierre commence à dessiner en autodidacte.

Première exposition, des dessins sur le thème des Paysages du Rouergue, en 1950 à Rodez. De ces années aveyronnaises, notre artiste se souvient de ses admirations pour Max Ernst, Robert Motherwell et Gustav Klimt, de ses rencontres avec Pierre Soulages.
En 1952, il s’installe à Paris entre Éméville (Oise) et Montparnasse.

Une rencontre fort marquante pour Jean-Pierre Vielfaure est en 1956 celle du peintre allemand Carl Buchheister (1890-1964) qu'il va désigner comme étant picturalement son père spirituel et qu'il va héberger à Éméville durant six mois de chaque année. C.Buchheister fut un très proche ami de Wassily Kandinsky, de Theo van Doesburg et de Kurt Schwitters, il retient surtout des deux derniers « les constructions géométriques non exclusives » et les « collages d'esprit surréaliste », tandis que sa propre appartenance à l'École de Hanovre est lisible par sa propension à « découper ses toiles, par des lignes, en aplats de couleurs vives ». Et selon Jacques Busse encore, de définir ce qu'est la finalité picturale de Buchheister, que Vielfaure va donc revendiquer comme sienne : « tenter de concrétiser la synthèse d'éléments apparemment hétérogènes, concilier une construction géométrique du plan avec une poétique gestuelle de l'informel sans renoncer à un recours amusé aux matériaux post-dadaïstes des collages ».

En 1958, Jean-Pierre Vielfaure se lie d'amitié avec Édouard Jaguer et rejoint le mouvement Phases. Jean-Pierre Vielfaure et Wifredo Lam pour la lithographie, Remo Martini pour le bois gravé, assurent l'illustration du dixième numéro en 1965 de cette revue bibliophilique à tirage limité, intitulée
Phases - Cahiers internationaux de recherches littéraires et plastiques (éd. Paul Facchetti).

En rejoignant en 1965 le groupe Inter, constitué par des artistes majoritairement de Scandinavie,
Jean-Pierre Vielfaure ouvre avec la ville de Copenhague une longue relation, tant par les séjours et les expositions que par les éditions de son œuvre gravée.

C'est entre 1968 et 1971, alors que dans le même temps il contribue aux illustrations du magazine Rock & Folk, que Jean-Pierre Vielfaure entreprend son œuvre « monumentale » intitulée Opéra Civilisation, suite de soixante-douze tableaux (collages, acrylique, technique mixte) juxtaposés en une longueur de quarante-deux mètres où, commente Sébastien Moinet-Béchar, « est évoqué le récit historique, idéologique et artistique de notre civilisation, de la création du monde à notre futur inconnu ».

1970 est pour Vielfaure l'année d'un long séjour en Laponie, et à Ibiza. Ces retours sur l'île lui inspirent la série de plus de cinquante toiles (1970-1973) uniformément intitulées Les portes d'Ibiza, exposées successivement à Ibiza, Copenhague et Helsinki en 1973. Son premier et long séjour à New York et au Canada en 1977 donne lieu à une suite de techniques mixtes, Journal new-yorkais, essentiellement sur papier et présentés en diptyques où voisinent écriture, collages et abstraction.

1988, installation de son atelier à Ivry-sur-Seine dans la manufacture des œillets.

Sa suite de tableaux L'appel aux esprits (2007) offre à Jean-Pierre Vielfaure de se confier sur sa propre spiritualité: « Cela a commencé en Scandinavie. Là-bas, où, en vingt-cinq ans j'ai vendu mille toiles, j'ai vu tous les musées concernant les rites chamaniques... Autodidacte, ma curiosité reste ouverte et intacte. Bien qu'élevé chez les catholiques, ma spiritualité penche plutôt du côté des chamans. Chaque chaman a sa propre spiritualité, en relation avec les nuages, ou le bois, ou tel animal. Le chamanisme est ma vraie religion. Elle ouvre sur un autre monde ».
Jorge Vigil
Peru
1963
Scottie Wilson
Scotland
Yoshiko
Japan
Carlo Zinelli
Italia
1916-1974
Art brut
Carlo, de son vrai nom Carlo Zinelli, est né près de Vérone, en Italie. L’enfant perd sa mère à l’âge de deux ans. Sept ans plus tard, son père, menuisier de formation, l’envoie travailler dans une ferme. Par la suite, Carlo devient apprenti boucher aux abattoirs municipaux de Vérone. Il est ensuite enrôlé pendant la Seconde Guerre mondiale dans la section des chasseurs alpins. Dès lors, les premiers signes de troubles psychiques se manifestent ; à trente et un ans, il est interné à l’hôpital San Giacomo de Vérone. Dix ans plus tard, il se met à graver des graffitis sur les murs de l’établissement. Face à son besoin de s’exprimer, la direction de l’hôpital l’invite à fréquenter l’atelier de peinture et de sculpture créé en 1957.

Carlo va réaliser près de deux mille œuvres. Son langage graphique est caractérisé par une accumulation de motifs et par les changements de points de vue et d’échelles. Il peint à la gouache sur le recto et le verso de feuilles de papier des personnages et des animaux de profil, et assortit ses compositions d’inscriptions.